Charlotte conçoit chacun de ses projets comme un espace d’élaboration collective, une forme ouverte qui se nourrit des rencontres qu’il provoque. Elle explore les récits que l’on entend peu, les voix invisibilisées, les histoires qui persistent après les catastrophes. Il est souvent question de reconstruction, de réparation, de ce qui subsiste dans les ruines. Habiter un monde fragilisé demande à regarder autrement : dans ces paysages dévastés, je cherche ce qui y reste, ce qui y vit encore et ce qui résiste. Elle s’intéresse à ce que l’on ne peut pas voir et à ce que l’on ne peut pas dire : aux silences, aux hors-champs, aux gestes minuscules qui déplacent le regard et viennent troubler la perception.
Projet
Charlotte développe actuellement un film documentaire de création autour des incendies dans le massif des Corbières, en interrogeant les mémoires du feu, les transformations du paysage et les récits humains qui y sont liés. Ce travail s’intéresse notamment à la manière dont le feu réactive des gestes, des croyances et des formes d’animisme liées au territoire. Cette résidence lui permettra de poursuivre l’écriture et la structuration du film. Elle sera également l’occasion d’enrichir la matière sonore : ambiances de paysage (vent, insectes, craquements), sons d’activités humaines (outils, pas, voix), récits oraux, toponymies, ainsi que des traces sonores liées aux usages et aux rythmes du lieu.